1.6 Terre ? Peut-être on aura recours à Mars ?

L’ONG américaine Global Footprint Network, depuis quelque temps, a pu calculer une date à partir de laquelle l’humanité est supposée avoir consommé l’ensemble des ressources que la planète est capable de régénérer en un an. Passée cette date, l’humanité puiserait donc de manière irréversible dans les réserves « non renouvelables » de la Terre.

Le jour du dépassement, ou jour du dépassement de la Terre (Earth Overshoot Day) est tombé le 22 août cette année. En 2020, le jour du dépassement est atteint trois semaines plus tard qu’en 2019 (29 juillet 2019) ; ce retard est dû aux mesures de confinement adoptées pour contenir et faire reculer la pandémie Covid-19 dans le monde qui a entraîné une baisse de la consommation d’Énergie et une moindre déforestation.

“En 2020, l’humanité vivra quatre mois à crédit.”

Un recul jamais vu depuis une quinzaine d’années pour cette date qui marque le moment où l’humanité a utilisé toutes les ressources que la Terre est capable de produire en un an. Elle avait tendance à avancer dans le temps, battant même un record en 2019 ! Mais pas de quoi se réjouir pour autant car ceci n’est que la conséquence directe du confinement. Surtout, cela signifie que malgré ces mesures exceptionnelles et l’arrêt total de l’économie pendant plusieurs semaines, nous continuons à vivre bien au-dessus de nos moyens en utilisant 60 % de plus que ce qui peut être renouvelé ou autant que si nous vivions sur 1,6 Terre.

“Cela montre que des changements importants et rapides sont possibles. Mais cette réduction de notre empreinte écologique est imposée et non voulue, et comme elle ne s’accompagne pas d’un changement systémique dans nos modes de production et de consommation, elle ne va pas durer” – Mathis Wackernagel, le président du Global Footprint Network.

jour du dépassement graphique

La pandémie a notamment entraîné une forte baisse des émissions de CO2. Ces dernières devraient ainsi reculer de 8 % par rapport à l’an dernier, la plus grosse chute jamais observée dans l’histoire, selon l’Agence internationale de l’Énergie. Les mesures sanitaires et le confinement ont notamment entraîné l’arrêt de nombreuses activités industrielles et une contraction du trafic aérien sans précédent (jusqu’à -98,3 % en mai par rapport à la même période de 2019).

Selon les calculs de l’institut, il faudra, en 2020, l’équivalent de 1,6 planète pour assouvir nos besoins, qu’il s’agisse de boire, de manger, de nous chauffer ou de nous déplacer. Conséquence : la déforestation, le déclin de la biodiversité ou l’élévation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère vont continuer d’affecter l’ensemble du globe.

En se fondant notamment sur les chiffres de l’Agence internationale de l’énergie, le Global Footprint Network anticipe une baisse de 14,5 % de l’empreinte carbone sur l’année – qui représente 60 % de l’empreinte écologique. Pour parvenir à ce résultat, les experts ont estimé que la consommation d’énergie allait diminuer de 9,5 % sur la période allant du 1er janvier au « jour du dépassement » comparé à 2019, entraînant une baisse des émissions mondiales de CO2 de 12,5 % sur la même période.

Sur son site Internet, le WWF explique comment repousser progressivement le Jour du dépassement au 31 décembre, en diminuant les émissions de CO2, en mettant en place des politiques ambitieuses, notamment en matière de gaspillage alimentaire et en remplaçant la viande et le poisson par des protéines végétales ainsi qu’en ne ratifiant pas des accords commerciaux « climaticides » tels que le Ceta (Comprehensive Economic and Trade Agreement) et le Mercosur.

  • Khemais Haffar

    Managing Partner

    Une expérience de plus de 18 ans, entrepreneur en Lean management, expert en amélioration des performances opérationnelles.

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