5 questions : tout comprendre au réseau mobile du futur 5G

La 5G est à nos portes. Le lancement en France est fixé à 2020 et cette nouvelle norme dépasse très largement le marché des smartphones. Cette FAQ vous permettra d’y voir plus clair sur le successeur de la 4G.

QU’EST-CE QUE C’EST ?

La 5G est, comme son sigle le laisse deviner, la cinquième génération des standards en matière de téléphonie mobile. Elle succédera à la 4G, qui est toujours en cours de déploiement en France en 2019. Pour le dire vite, cette norme apportera des débits plus importants encore, mais aussi un temps de latence bien plus faible qu’aujourd’hui, et pourra supporter énormément de connexions en simultané.

Mais la 5G ne doit pas être vue comme une simple évolution de la 4G. C’est en réalité une technologie de rupture. Elle « se distingue des générations précédentes en ce qu’elle vise, dès sa conception, à intégrer un nombre de cas d’usages inédit », relève l’Agence nationale des fréquences. Dès lors, son employabilité promet d’être très étendue et pourra donc servir dans des secteurs variés, notamment industriels.

QUELS ATOUTS ?

« Avec la 4G, un film de 800 Mo prend environ 40 secondes à télécharger ; avec la 5G ça serait réduit à une seule seconde », disait en 2014 l’ex-Premier ministre David Cameron.

Voilà quel est son premier point fort : la capacité de téléchargement. Les débits en 5G seront jusqu’à 10 fois plus élevés que ceux de la 4G. Si l’on ose un parallèle, la 5G sera une sorte de fibre optique « sans fil » : elle pourrait même atteindre dans certaines situations jusqu’à 20 Gbit/s. En pratique, il faut plutôt s’attendre à une expérience de navigation entre 100 Mbit/s et quelques Gbit/s.

Autre atout de la 5G : la latence. Cela désigne le délai de transit d’une donnée entre le moment où elle est envoyée et celui où elle est reçue. Celui-ci sera divisé par 10 par rapport à la 4G, avec un temps de réponse d’à peine une milliseconde. Cette réactivité est cruciale pour l’industrie, car des échanges constants et quasi-immédiats sont requis pour faire émerger des usages comme le transport autonome.

Troisième point fort de la 5G : la densité. Avec elle, la 5G supportera « un nombre très important de connexions mobiles simultanées », commente le régulateur des télécoms. Cela va « multiplier par 10 le nombre d’objets connectés au réseau simultanément », confirme l’agence nationale des fréquences. En clair, il s’agit d’éviter l’engorgement des réseaux à l’heure où tout devient connectable et que les capteurs pullulent.

QUELS SERVICES ESPÉRER ?

Les performances annoncées de la 5G sont telles que les domaines qui vont en profiter sont très nombreux. Pour le mobinaute, la 5G permettra de charger instantanément n’importe quel contenu audiovisuel en haute et en très haute définition (vidéo 4K, vidéo en 3D…) ou de profiter du jeu à la demande (cloud gaming), avec les parties qui sont diffusées directement en streaming entre le joueur et les serveurs du service. C’est ce que proposent Shadow, GeForce Now ou Google Stadia par exemple.

« La 5G continuera d’améliorer les services existants dans le domaine grand public en donnant par exemple l’accès à des contenus vidéo de meilleures définitions et en favorisant le développement d’applications de réalité augmentée ou virtuelle », anticipe l’Agence nationale des fréquence. Mais c’est surtout du côté de l’industrie que la 5G est intéressante.

Outre les débits accrus qui permettent de transférer plus rapidement des données en masse, la 5G, avec sa très faible latence, ouvre des perspectives dans les véhicules autonomes, l’automatisation industrielle ou le domaine de la santé. « Les sauts de performances permis par la 5G devraient également toucher de nombreux secteurs et permettre à de nouveaux usages d’émerger ».

FAUT-IL ACHETER UN SMARTPHONE 5G EN 2020 ?

Vous avez peut-être croisé des communications commerciales de certains opérateurs qui annoncent des forfaits compatibles 5G ou qui vendent déjà des smartphones compatibles avec l’ultra haut débit mobile. Gare au piège : aucun opérateur français n’a en 2020 un réseau 5G opérationnel. Ce n’est qu’à la toute fin de l’année que, peut-être, les premiers sites seront allumés, dans des zones très limitées.

Vous pouvez certes vous dire que vous allez faire un achat en prévision de la 5G, mais il faut savoir que son déploiement sera modeste au début.

Sauf qu’il n’est pas du tout certain que vous vus trouverez dans l’un des premiers endroits à bénéficier d’une couverture. À cette incertitude, vous pouvez aussi ajouter le fait que cycle de remplacement d’un smartphone est court, entre deux et quatre ans en général, et que la 5G ne donnera son plein potentiel que dans plusieurs années. Autant d’ingrédients qui plaident en faveur de l’attente.

POUR QUAND ?

Tout dépend de quoi on parle : si c’est le lancement de la 5G en France, le rendez-vous est fixé fin 2020. C’est en effet à cette date que les premiers déploiements auront lieu et que seront ouverts les premiers services 5G. On ne sait pas encore quelle sera la première ville qui sera desservie en ultra haut débit mobile, ni par qui : un opérateur ? Plusieurs ? Chacun se lancera-t-il dans une ville différente ?

En principe, le calendrier européen prévoit le lancement du réseau 5G dans au moins une ville par État membre. La prochaine grande échéance est fixée à 2025 : à ce moment-là, il faudra que les opérateurs couvrent les grandes villes et les principaux axes de transport (on suppose les autoroutes et les lignes TGV au minimum, mais aussi, possiblement, tout ou partie des voies secondaires, comme les RER).

Ce qu’il va se jouer cette année, c’est la définition des modalités d’attribution des blocs de fréquences, ainsi que le lancement de la procédure qui permettra aux opérateurs de candidater pour récupérer des nouvelles ressources en fréquences. On s’attend bien sûr à ce que Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free Mobile concourent. Les lauréats seront connus en 2020.

Pour acquérir les licences 5G, les opérateurs devront collectivement dépenser au moins 2,17 milliards d’euros. Quatre blocs à prix fixe (350 millions d’euros chacun) seront proposés, assortis d’obligations précises. Ensuite, onze blocs à prix variable (à partir de 70 millions d’euros l’unité) seront mis aux enchères, avec toutefois des limites pour éviter qu’un opérateur ne rafle tout.

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